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EN SOUVENİR D'ELLE



J'ai perdu ma mère il y a deux mois et j'étais dans le quartier où je vivais pendant mon enfance, j'y suis retournée après 8 années, pour assister à ses funérailles. Tout le monde était là: mon papi, mon tonton André, et les personnes de mon enfance . Je traînais des casseroles, je m’étais disputée avec ma mère juste avant sa mort donc je n’avais pas eu l’opportunité de lui dire au revoir avant sa disparition. Ça me dérangeait. J'étais très émotive juste comme mon papi. Nous étions dans les bras l'un de l'autre pour nous soutenir.

Après la cérémonie, nous avons commencé à traîner les pieds et à explorer notre quartier avec tristesse. Nous étions en train de marcher en silence quand nous sommes passés devant mon école. Je n'aimais pas l'école quand j'étais petite et en fait je ne l'aime toujours pas même après avoir fini l'université. Nous avons continué notre chemin après que j'ai soupiré à cause de toute cette nostalgie que tous ces souvenirs me causaient. Nous sommes allés jusqu'à notre café où j’ai vécu mes plus beaux moments. Notre café était le même que celui de mon enfance, la seule différence était le manque de ma mère et donc sa joie. Il y avait du monde à l’intérieur, mais les gens ne braillaient pas comme avant. On a rencontré une ancienne amie de ma mère. Elle nous a salué avec amertume et m’a dit: “Les chefs cuisinent du bœuf bourguignon, le plat préféré de ta mère, en souvenir d’elle.” J’ai souri et dit: "Elle adorait ça…” Quand j’ai senti la fumée, un souvenir qui me fit sourire, est apparu dans ma tête .

C’était un de ces dimanches ordinaires de mon enfance. Je traînais les pieds et des casseroles comme toujours, je ne m'en souviens plus très bien maintenant mais je sais qu’il y avait beaucoup de choses qui passaient dans ma tête. J’étais quand même heureuse qu’il n’y ait pas d'école. Mes jambes étaient abîmées, mon visage, mes genoux et mon petit cœur tout mou étaient écorchés, mes godasses, ma joue étaient bousillés, j’étais une enfant très active. Et ce jour-là j'avais joué avec mes amies toute la journée. Puis j'avais commencé à explorer mon quartier et à traîner des pieds dans mon café. Il y avait la foule comme toujours: les pensionnaires, les habitués, les gens de passage, il y avait un joyeux bordel. Les vieux dans le café jouaient à la belote, ils braillaient avec joie. Mamie, papi, tonton André et toutes ces pépées avaient la tête dans le guidon, ils étaient très occupés, ils devaient gagner de l’argent. Mais ma mère avait toujours du temps pour moi. Elle m'avait donné un bisou et m'avait dit qu'elle m'aimait. On était tous heureux et il y avait la fumée du bœuf bourguignon…

Maintenant quand je pense au passé, je constate que ces jours-là étaient mes meilleurs moments. J'étais une petite fille qui courait tout le temps, un peu hyperactive on peut même dire, qui avait une famille formidable, un tas d'amis et beaucoup de gens avec qui parler...et ma chère mère. Elle me manque toujours.


Irmak Üzüm

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